COVID-19 : La CCI Tarn en première ligne

Edito de Michel Bossi, Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Tarn

Michel Bossi, président de la CCI du Tarn

 

Un réseau en première ligne, une équipe mobilisée…

Depuis les premiers jours de cette crise exceptionnelle liée au Coronavirus, la CCI du Tarn, guichet unique pour les entreprises, a informé et conseillé plus de 1 500 entreprises tarnaises en décryptant les aides, en répondant à leurs interrogations et en mettant en place des actions pour les accompagner.

Aujourd’hui, la CCI regarde vers l’avenir et accompagne les entrepreneurs sur le chemin de la reprise. Un soutien apprécié en ces temps incertains.

 

 

Quel est l’impact économique de la crise du Coronavirus dans le Tarn ?

L’épidémie de Coronavirus a chamboulé l’économie tarnaise de façon inédite.

L’impact a été quasiment généralisé à toutes les entreprises.

 

Toutes les zones géographiques du département et tous les secteurs d’activité ont été touchés. Les secteurs du commerce, de la restauration-hôtellerie, du tourisme et des transports sont bien sûr les plus touchés car la première conséquence du Covid-19 - et non des moindres - est celle de la fermeture obligatoire de certains commerces jugés non indispensables. Le secteur de l’industrie lui aussi a été en perte de vitesse.

 

Sur les 15 000 entreprises que compte le Tarn, environ 10 000 entreprises ont été concernées dans le département. Plus de la moitié ont dû fermer pour des raisons réglementaires, mais plusieurs entreprises ont décidé d’elles-mêmes de fermer temporairement car elles ont été pénalisées par des défauts d’approvisionnement ou par des clients qui refusaient d’être livrés.

 

D’autres ont continué leur activité, mais avec un fonctionnement dégradé par les mesures barrières à mettre en place ou par la fermeture de donneurs d’ordres.

 

 

Comment la CCI s’est-elle mobilisée ?

Dès le 9 mars, alors que les mesures du gouvernement se multipliaient pour venir en aide à l’économie, une cellule de crise a été mise en place à la CCI, pilotée par le service appui aux entreprises. Les chefs d’entreprise en difficulté pouvaient nous contacter via le site internet ou par téléphone : 14 techniciens et 2 collaboratrices - mobilisés en télétravail -ont reçu plusieurs centaines d’appels par jour.

 

À ce jour, nous en sommes à plus de 1 500 entreprises accompagnées.

Cette cellule était pour nous une chaîne de première nécessité !

 

Mais la CCI, associée dans une cellule économique Covid-19 hebdomadaire à la CMA, à la préfecture, à la Direccte et à la Région, a également veillé au fonctionnement des filières essentielles à la continuité de l’activité économique : santé, alimentation, hygiène, réparation, transport/logistique, matériaux et emploi. Cette cellule était élargie aux agglomérations, entre autres, un jour par semaine. Grâce au travail de cette cellule des chantiers collectifs importants ont pu aboutir. Pour exemple :

  • Aujourd’hui, nous avons un réseau de dix-neuf entreprises tarnaises qui fabriquent des masques alternatifs en tissu ou sur-blouses et quinze entreprises pour le gel hydroalcoolique.
  • De même, dans le secteur agroalimentaire : des circuits courts ont vu le jour et un fichier d’acheteurs de la grande distribution a été constitué et fourni aux producteurs.
  • De la même façon, nous avons mené un lobbying permanent auprès de la préfecture pour permettre aux jardineries de rouvrir leurs portes de manière complète.

 

 

Comment voyez-vous la suite de l’année 2020 et l’avenir ?

Beaucoup d’entreprises sont en situation de détresse. Celles qui avaient un peu de trésorerie, pourront passer le cap. Mais pour d’autres, ce sera bien compliqué notamment pour les commerces. La crise des gilets jaunes avait déjà posé des problèmes de trésorerie, la Covid-19 est une deuxième vague terrible qui vient les frapper.

 

Ce qui pour moi est une pointe d’optimisme est que les chefs d’entreprises que je rencontre sont combattifs avec l’envie de redémarrer et de sauver leur société.

 

Dans cette période, nous avons souhaité être au plus près des entreprises. Notre objectif était de les accompagner, nous l’avons fait avec succès durant la crise mais nous devons aujourd’hui les accompagner sur le chemin de la reprise.

 

Nous n’avons pas attendu la fin du confinement pour travailler et favoriser la relance et le nécessaire rebond.

 

Des groupes « rebond » CCI ont été mis en place pour la plupart des filières (dans l’industrie, le commerce et les services, etc) pilotés par un tandem élu et technicien, et constitués d’entrepreneurs. L’un des premiers chantiers a été de préparer le redémarrage dans le secteur du commerce et du tourisme très impactés ; les commerçants ont perdu quasiment 80 % de leur chiffre d’affaires en deux mois. Il fallait mettre en place des procédures nouvelles pour que les clients aient envie de revenir dans les boutiques et se sentent en réelle sécurité. Nous travaillons également sur un plan de relance pour le tourisme, en lien étroit avec le département. Nous craignons que, comme l’aéronautique, le tourisme soit durement touché, alors que ce sont les deux secteurs qui portent une grande partie de l’emploi en Occitanie. Notre objectif est de donner envie aux vacanciers de venir dans le Tarn. Nous avons lancé une enquête flash afin de connaître les « désirs d’évasion » des vacanciers. Les réponses collectées nous permettront d’ajuster notre plan d’actions pour coller aux attentes des clients.

 

 

Quels sont les enseignements à tirer de cette crise ?

Cette crise sanitaire va laisser des traces mais pour garder une note optimiste, je veux croire que des signes positifs subsisteront, que l’économie locale va continuer à être privilégiée et que les mentalités vont changer. Beaucoup de secteurs d’activité ont constaté qu’ils étaient fortement dépendants de l’Asie et cette crise montre qu’il y a des solutions alternatives sur notre territoire.

 

Enfin, j’espère que l’exemplarité des CCI durant cette crise sera enfin reconnue, que le gouvernement, qui n’a de cesse que de vouloir amoindrir les ressources et les missions des CCI, aura compris que le rôle des CCI de structure intermédiaire de proximité est indispensable sur nos territoires.

 

Avant même que le gouvernement ne désigne les CCI comme interlocuteurs de premier niveau, nous avons pallié les problèmes d’accès aux organismes dont les serveurs n’étaient pas dimensionnés pour recevoir autant de demandes.

Sans l’intervention des chambres consulaires de proximité les entreprises se seraient retrouvées bien démunies.

 

Chiffres clés*

  • 1 250 entreprises en Cellule de crise CCI.
  • 80% de moins de 10 salariés.
  • Commerce : 30%, services : 30%, hébergement/restauration : 20%, industrie/ IAA : 15%, construction : 5%.
  • Activité partielle : 4 744 entreprises, 34840 salariés.
  • Report échéances fiscales : 212 dossiers.
  • Fonds de solidarité volet 1 : 15 425 aides pour 20 M€.
  • Fonds de solidarité volet 2 : 61 entreprises.
  • Fonds de solidarité exceptionnel Occitanie : 156 entreprises.
  • Aide exceptionnelle CPSTI (fonds social des indépendants) : 1 413 dossiers soit 6.2% des indépendants dont 80% commerçants/ artisans/micro-entrepreneurs et 20% libéral.
  • PGE : 2 344 dossiers pour 298 M€ avec environ 2,5 % de refus.
  • Médiation du crédit : 53 demandes, 33 dossiers acceptés dont 21 clôturés positivement.
  • Autres dispositifs : données régionales sur report échéances sociales sur mars et avril
    (54 000 soit 38% des établissements + totalité des 10 0000 travailleurs indépendants puisqu’automatique).

    * Données de juin 2020

 

 

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