Après la crise, quel avenir pour les transports ?

Ils participent à l’attractivité et la vitalité d’un territoire, en particulier pour l’accès aux services, les livraisons ou encore les connexions entre lieu de vie et de travail. Les transports ont subi de plein fouet la crise de Covid-19, avec des disparités.

Actualité de la CCI du Tarn - Après la crise, quel avenir pour les transports ?

 

Interview de Michel COLOMBIÉ

Vice-président industrie de la CCI du Tarn Président de l’Observatoire Régional des Transports (ORT Occitanie)

 

Quels impacts la crise du Covid a-t-elle eu sur le secteur des transports ?

Michel COLOMBIÉ, Vice-président industrie de la CCI du Tarn Président de l’Observatoire Régional des Transports (ORT Occitanie)Le secteur a été très pénalisé. Cependant l’impact n’a pas été ressenti de la même manière par tous les acteurs. L’épidémie de Covid-19 a rebattu les cartes et généré des déséquilibres, entre incertitudes et espoirs.

 

Prenons l’exemple du transport de marchandises pour l’approvisionnement des commerces alimentaires et des transports de biens de première nécessité, celui-ci a été sur-sollicité, parfois jusqu’à la surchauffe. Il a eu du mal à répondre à la demande toujours plus importante d’autant qu’il y a eu une pénurie de produits généralisée.

Ajoutez à cela un manque cruel de chauffeurs et vous aurez une situation totalement inédite.

 

De son côté, l’activité des transports de voyageurs, notamment du secteur aérien, a été très pénalisée du fait des confinements, des couvre-feux et des restrictions de déplacement. Dans les villes, on a pu aussi observer une baisse de fréquentation des transports publics, par peur de la contamination, un essor du vélo et surtout un fort retour de la voiture.

 

 

Quels enseignements en tirez-vous ?

La crise du Covid a rendu encore plus évidente l’importance stratégique des transports avec l’explosion du e-commerce, qui fut de +40 % en 2020 !

Les entreprises qui ont passé le cap sont devenues plus agiles de gré ou de force. Cependant les perspectives pour l’avenir sont très variables selon le secteur et le marché. Les compagnies aériennes par exemple ont essuyé de lourdes pertes.

 

Un retour à la normale est attendu au mieux en 2024. À plus long terme, le secteur reste cependant optimiste, comme en témoigne le carnet de commandes bien rempli chez Airbus. Le monde a été – et est toujours déstabilisé par cette crise. Tout cela n’est pas bon pour la planète.

 

 

Justement la question environnementale est l’un des grands enjeux du secteur…

Oui c’est un vrai sujet. Il faut tendre vers le « zéro pétrole » mais en se donnant le temps et en faisant une mutation pragmatique et cohérente.

La France et l’Europe se sont fixées des objectifs ambitieux pour réduire l’empreinte carbone d’ici 2050.

Toutefois, le secteur des transports est très en retard. C’est celui qui a le moins baissé ses émissions ces 20 dernières années, comparativement à l’industrie et à la construction. C’est le plus gros consommateur en énergie fossile et le secteur qui est le plus émetteur de gaz à effet de serre, avec 31 % des émissions totales en France, 22 % en Europe et 17 % au niveau mondial.

 

Pour atteindre nos objectifs environnementaux, il est donc indispensable d’engager de profondes transformations dans le transport des voyageurs comme dans celui des marchandises. Ainsi il est important d’anticiper les usages et de réfléchir à une adéquation entre interdictions et nouvelles solutions. J’essaie tout simplement d’être de bon sens.

 

Il ne faut pas perdre de vue notamment les conséquences sociales en termes d’emploi qui sont liées à l’usage de ces nouvelles énergies. L’avenir du transport se fera ainsi par la combinaison de plusieurs solutions, et notamment celle du mix énergétique.

 

Il s’agit de passer du pétrole qui représente plus de 90 % des consommations actuelles des transports, à l’électrique, l’hydrogène, les biocarburants ou le biogaz, à condition que ces énergies soient produites de manière durable.

 

 

Au-delà de la décarbonation des transports, l’autre défi est lié à la logistique urbaine.

C’est un travail de titan qui nous attend sur le sujet. À quoi sert de contraindre les usagers si on ne réfléchit pas à la planification logistique en milieu urbain du transport, et notamment à la question de la livraison du dernier kilomètre par des véhicules de petit gabarit plus adaptés aux tissus urbains.

 

Les collectivités doivent se saisir de ces questions. Qu’est-ce qu’on peut faire pour optimiser la logistique urbaine ?

La question d’une meilleure utilisation des espaces de livraison par exemple ou du positionnement des entrepôts est stratégique pour limiter les déplacements. Sur tous ces sujets, notre manière de fonctionner doit être repensée.

 

 

Chiffres clés des transports en Occitanie *

  • 6 300 entreprises, 60 000 emplois
  • 141 543 km de réseau routier dont 1% d’autoroutes
  • Réseau ferré : 2 605 km dont 2,2% de Lignes à Grande Vitesse
  • 9 aéroports dont 3 internationaux, près de 11 millions de passagers par an
  • 2 autoroutes ferroviaires
  • 3 ports de commerce maritime (Sète, Port-la-Nouvelle et Port-Vendres)
  • 70 ports de plaisance
  • Plus d’1 million de tonnes de marchandises importées, 350 000 tonnes exportées
  • 1er réseau de français de ports régionaux

* (sources ORT et Région Occitanie)

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