
Les montres colorées et bijoux fantaisies côtoient désormais les bagues en diamant. Car si la bijouterie est un art éternel, elle s’est adaptée aux évolutions du temps. Quatrième génération de bijoutiers-horlogers, Eric Germain vient d’ouvrir à Albi un nouveau magasin à l’enseigne Germain.
« Une bijouterie » précise-t-il car pas question de le confondre avec un simple revendeur de bijoux et de montres.
Il a grandi à Castres dans le magasin de ses parents et son œil brille quand il raconte la saga familiale. Jules Margastaut, son arrière grand-père, a ouvert un premier magasin place Jean-Jaurès à Castres à la fin du 19ème siècle. Un siècle plus tard, Eric prendra le chemin des vallées horlogères suisses pour apprendre les secrets des mécanismes et fera « son tour de France » pour se perfectionner dans l’art de la bijouterie. « J’ai commencé à travailler à 18 ans et je ne me lasse pas. Car c’est par vocation plus que par tradition que j’ai choisi ces métiers », confie le jeune cinquantenaire.
Entre la démocratisation du bijou dans les années 60 et la fidélité aux traditions, l’entreprise familiale a toujours gardé le cap de la qualité. « Nous avons notre propre atelier pour tout l’aspect création de bagues et bijoux mais aussi leur réparation et la partie horlogerie. Entre Castres, Carcassonne, Narbonne et maintenant Albi, nous nous adaptons à la clientèle, avec des magasins en centre ville mais aussi dans des galeries marchandes », explique le bijoutier. Quand le sud du Tarn privilégie la sobriété, les bords de Méditerranée ont plutôt le goût de ce qui brille, analyse-t-il. L’entreprise familiale, qui emploie près de vingt-cinq personnes, fait confiance aux équipes dans chaque ville : « Elles ont un rôle important de conseil et d’écoute et sont très autonomes, car c’est elles qui connaissent le mieux leur clientèle. »
A l’heure des boutiques en ligne et enseignes franchisées, Eric Germain croit à la force de l’entreprise familiale qui a le souci de durer et le sens de la responsabilité. Des propos très sérieux auxquels il ajoute tout de suite une dose de fantaisie : « Notre métier est très moderne et écologiste. Chez nous, or, argent ou pierre, rien ne se jette tout se recycle. D’ailleurs, quand j’ai racheté cette bijouterie rue Timbal à Albi pour y ouvrir ce nouveau magasin, elle a été transformée et modernisée. Mais regardez, j’ai gardé la caisse qui date 1900 et le parquet ancien. »